Journée 8

 LUNDI 15 AOUT :     

Col de Belhay – Plat de Sanchez

                           7 h 45  – 17 h 30   

                                                   

       Il s’en est fallu de peu que je n’écrive le journal du jour sous la tente : un léger et premier  orage est survenu, à peine fini notre installation au Plat de Sanchez, après une semaine de soleil et de chaleur ininterrompue (excepté la petite averse du mardi précédent). Il est survenu alors que – terminant une belle et raide descente bordée d’un côté par un torrent et de l’autre par les hêtres nous découvrions l’étendue du plat de Sanchez,- le dernier randonneur de la journée croisé quelques minutes auparavant nous annonçait avec assurance qu’il partait en direction du col d’Anaye, aux sources du Marmitou car disait-il « tout risque d’orage est maintenant écarté » !

           …Le matin, notre première rencontre à part les inévitables quadrupèdes à clochettes fût celle d’un trailliste qui fendait l’air silencieusement en direction d’Orhy. De cols bosselés en pâturages divers nous poursuivons en direction du refuge de Beluga, halte et point d’eau soigneusement relevé sur la carte : la longue traversée de la zone karstique précédant le pic d’Anie (4h) promet, aujourd’hui encore, d’être chaude. Peu à peu les premiers signes annonciateurs d’un nouveau paysage montagneux se manifestent : nous voyons coup sur coup deux isards, puis des marmottes…Les silhouettes de quelques pins à crochets émergeant des rochers rompent la monotonie des pâturages.                   

 

Enfin, c’est l’arrivée au refuge de Beluga ponctuée immédiatement d’une petite frayeur : C’est à un bâtiment fermé et délabré que nous faisons face et dont le parking goudronné est littéralement squatté par un grand nombre de camping-cars, espagnols pour la plupart. Heureusement, un captage d’eau quelques mètres en arrière du refuge nous permet de ne pas rester trop longtemps dans l’inquiétude d’un manque d’eau car rien n’est moins sûr avant la traversée de ce secteur désertique.

          Celle-ci débute par un long passage frais et agréable en sous-bois qui s’éclaircit très progressivement pour laisser place aux pins méditerranéens accrochés ça et là à des rochers calcaires de plus en plus ravinés et sculptés par l’eau, le gel et le vent…Pas grand monde dans ce décor déchiqueté et de plus en plus minéral ou s’élancent encore quelques arbres ; encore moins de traces animales… Le silence prend de l’épaisseur…quelques fleurs (valériane, arnica…) apportent une petite touche de couleur à cet environnement un peu austère et chaotique. Heureusement les nuages nous apportent une aide précieuse en atténuant le soleil ; l’atmosphère se voile, et ainsi nous progressons à un rythme régulier.

          Au détour d’un méandre du sentier, nous tombons sur trois HRpistes contemplatifs réunis par le hasard de la rencontre dans une entente franco-allemande sans doute momentanée…

 Arrivée au col d’Anaye pour une belle vue dégagée sur les orgues de Camplong et une partie du cirque de Lescun : un endroit qui nous est cher par les souvenirs accumulés au fil des années ; Cependant ce qui nous frappe en premier au col, ce sont les imposantes parois verticales, qui sont les contreforts du massif de l’Anie que nous longeons quelques instants et auprès desquelles nous nous sentons bien petits… Ensuite, c’est la descente d’abord douce, où nous dépassons le cayolar d’Anaye, puis, plus raide, lorsque nous retrouvons le torrent…et les vacanciers de tous bords  installés sur l’immense plat de Sanchez ; Cependant un petit endroit abrité et préservé près du torrent  semble nous avoir été réservé et nous ne mettons pas longtemps à installer le campement, avant une petite toilette, un peu de lessive…et  donc, l’arrivée du premier orage une petite heure durant.

                       Fait important à relever : notre nuit ne sera pas bercée par les clochettes de troupeaux !

Journée 8

par | Avr 15, 2020

Les cartes IGN