Journée 6

SAMEDI 13 AOUT :     

PONT de XUBIGNA – Après les CHALETS d’IRA

7 h 30 – 18 h 30

       

Réveil à 6h15 !… La journée promet d’être chaude, aussi nous voulons partir dès le lever du jour ! Nous attaquons la journée par une franche montée, avec le vent de face mais dans un air très doux, vers le col d’Errozate, toujours noyé dans les vagues ondulantes d’herbes et de fougères ; Une plaque sur un rocher, à mi-montée, commémore trois victimes d’un écobuage. Au col, un berger rassemble ses moutons…Nous entamons à peine la descente que nous retrouvons notre charmante randonneuse allemande, « the Pyrenean haute route » en main, cherchant le chemin ; Lui indiquant  la direction, elle se propose de nous suivre. Nous apprenons alors que son compagnon de route a rapidement arrêté l’aventure ; Elle s’est donc retrouvée chargé d’un énorme sac à dos de plus de 20 kg, condition nécessaire pour poursuivre le HRP en autonomie. Elle va nous accompagner ce début de matinée mais rapidement le poids ralentit ses efforts dans les montées ; Nous l’attendons un peu, puis essayons de rester à vue, d’autant que l’orientation n’est pas toujours évidente dans le secteur des crêtes d’Urkulu, mais la perdons finalement définitivement du regard. Son effort, seule et très chargée nous apparait déraisonnable et nous espérons qu’elle se soit reportée, comme nous le lui avons suggéré, sur l’itinéraire du GR 10 plus approprié dans ce contexte.

Une brebis piégée dans un trou, la jambe cassée, a visiblement été une pièce de choix  pour les colonies de vautours alignées sur les crêtes environnantes ; Fémur, tibia, omoplates et autres …ne sont pas rares sur le chemin !

Quelques rares rencontres rythment notre avancée : un HRPiste qui est parti de Piau-Engaly vers Hendaye s’orientant avec les cartes IGN sur son GPS, un « ermite » qui déboule de son camping car stationné en bout d’une petite route au milieu de nulle part, pour nous expliquer qu’ici il a trouvé son coin de paradis au cœur des montagnes basques (il semble venir de Bretagne d’après la plaque d’immatriculation). Le repérage du sentier est toujours aussi aléatoire entre l’absence de traces, les piétinements des sentes à moutons, et les fougères qui obstruent les passages visibles. Nous prenons la direction d’Okabé et le soleil chauffe de plus en plus fort ; Le panorama est toujours aussi vaste et immense dans un ciel sans tâches !…Moment presque magique lorsque nous atteignons un haut plateau près des cromlechs d’Okabé où les hautes herbes jaunies par l’intense soleil ondulent avec des reflets chatoyants sous l’effet d’une petite brise, entourées de l’espace majestueux de la chaîne Pyrénéenne et ce, dans un silence absolu…l’impression d’avoir les Pyrénées pour nous ! …ou d’être au kinopanorama (gratuit !). Le soleil est au plus haut ; Heureusement nous entrons dans une hêtraie qui va nous mener tranquillement au chalet Pedro, halte de notre pique-nique journalier ombragé en bordure de torrent.

          A nouveau un long cheminement l’après-midi, dans la forêt de hêtres d’Iraty ; Le silence particulier et reposant qui émane de ces forêts m’impressionne toujours, à peine troublé entre deux trouées d’arbres par quelques stridulements de cigales ! Le pic d’Orhy montre le bout de son nez à l’horizon. Enfin nous arrivons à Iraty et à son « épicerie » pour un ravitaillement assez succin. Le soleil de plomb et la longueur de l’étape nous font appréhender le manque d’eau et la prochaine journée s’annonce assez intense avec au programme le pic d’Orhy puis un long passage sur les crêtes.

A Iraty, c’est, au lointain, le pic d’Anie et la chaine des sommets jusqu’à Ansabère qui s’invitent dans le paysage, faisant signe de notre entrée prochaine dans un autre relief, plus montagneux ; Nous avons tout juste quitté les dernières résidences de vacances d’Iraty que nous nous retrouvons dans un concert de cloches, clochettes et sonnailles au cœur des troupeaux de moutons et de vaches ; Nous ne pouvons échapper au bivouac musical ( et bouseux ) dans un pâturage bosselé par les piétinements des animaux.

          Nous sommes à peine couché, que le tintamarre des cloches retentit de plus en plus bruyamment ; un troupeau de vaches remontant d’un vallon adjacent n’a pas trouvé meilleur endroit pour s’arrêter et brouter que de  rejoindre notre emplacement m’obligeant à sortir de la tente pour tenter de les éloigner par mes gesticulations et mes cris  et avec l’aide de mes bâtons de randonnée ; Finalement, après quelques minutes elles vont consentir à s’éloigner, non sans quelques réticences de leur part !       

        

 

Journée 6

par | Avr 15, 2020

Les cartes IGN