Journée 44

 DIMANCHE 19 AOUT :     

“Le Porteil” après las Illas – Col de l’Estaca

                           7 h 30   – 17 h  

 

           Véron : « Etape sans difficulté et sans grand intérêt »…Cette fois, nous allons à peu près tomber d’accord avec lui…Quoique…

Nous cheminons sur de longues portions de pistes entourées de part et d’autre d’une végétation assez haute qui laisse voir peu de perspectives. Nous sommes dans le massif des Albères et les effluves méditerranéennes se font sentir ; Un vent chaud marin fait frémir pins, chênes-lièges et thuyas et quelques passages entre hêtraies et fougères nous rappellent le Pays Basque ; Parfois la large piste offre peu d’ombre et les gorges se dessèchent. A d’autres moments, nous longeons une végétation désordonnée et dense ayant des allures de maquis provençal…

Le village du Perthus, se découvre comme un brutal changement dans le déroulé un peu monotone du parcours : nous débouchons sur un grand parking : les touristes sortent des voitures (« A combien de bouteilles d’alcool on a droit ? » me parvient aux oreilles) et se précipitent dans  un élan assoiffé vers les lieux idoines…

Une remarquable citadelle de Vauban surplombe le village, mais de cela, tout le monde se moque…

Un impressionnant pont autoroutier enjambe le village et accueille un défilé ininterrompu de camions, caravanes et voitures, de cela, tout le monde a connaissance…

Après cette plongée littérale et fugitive dans un autre espace-temps, nous remontons très vite à la surface de notre monde HRPiste, juste le temps de faire le plein d’eau.

Nombreux passages en forêt et halte dans un champ à vache pour la pause de mi-journée : une voiture s’arrête soudainement au milieu de la route attenante, dans la chaude torpeur d’un début d’après –midi pour prendre une photo…des vaches !

Petit coin vivifiant très fréquenté par les touristes, le col de l’Ullat avec ses pins élancés et sa fontaine d’eau fraîche est un endroit assez remarquable. Ensuite, c’est vraiment une vue superbe que nous contemplons au sommet (très très venté !) du Puig Neulos sur toute l’étendue de la plaine du Roussillon mais aussi sur la côte espagnole en direction de Cadaquès et Rosas. Ça souffle fort ! Et désormais le vent ne nous laissera plus guère tranquille jusqu’à l’arrivée, aux abords de Banyuls…

La descente nous permet d’entrevoir les premiers points de vue sur la côte et la ville de Banyuls et d’ailleurs, nous ne tardons pas à tomber sur le premier poteau de randonnée indiquant Banyuls- sur-mer à 7h 10 de marche. Les signaux avertissant de la fin proche de l’aventure se multiplient.

Nous recherchons alors un bivouac sur la crête Serra de l’Albera, aux alentours du col de l’Estaca ; Pas des plus faciles, malgré les immenses pâturages de part et d’autre du GR ! Les bourrasques de vent sont incessantes et les prairies labourées par les sabots des ruminants ne sont plates que vues de loin ; Finalement un petit coin abrité du vent en bord de piste et d’une hêtraie suffira à notre bonheur du soir et nous profitons de cette dernière nuit de silence au cœur des montagnes.

Journée 44

par | Avr 20, 2020

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