Journée 41

JEUDI 16 AOUT :     

Plat Guilhem – Gite de Batère

                           7 h 45   – 17 h 15 

 

           Nuit contrasté : Thierry me dit avoir mal dormi avec le froid et le vent qui faisait claquer la toile ; Pour ma part je ne regrette pas la tranquillité de l’abri-refuge où j’ai pu reprendre un peu de forces…

Cependant la journée va se révéler assez éprouvante, malgré l’augure initial de Véron « Bel itinéraire de crêtes faciles. A n’entreprendre que par temps sûr. », dont nous commençons, par ailleurs, maintenant à nous méfier…

Nous avons donc fait le choix d’éviter le sommet -et la foule du Canigou- que nous avons déjà fait, l’un et l’autre, pour découvrir ce massif sous un autre angle, en gravissant la crête qui lui fait face et culminant au Puig de Rojà à 2724 m. Cette crête est, en fait visible depuis la méditerranée et paraît aussi imposante que le sommet lui-même…

La conjonction d’un état de faiblesse pour moi, d’un manque de balisage cairné pour la progression le long de la crête, et d’un brouillard nuageux qui va envelopper cette même crête dès le début d’après –midi, va rendre la journée difficile.

La vue est, certes belle, sur le Canigou en face, à notre hauteur mais, l’impression qui domine est un cheminement un peu chaotique et interminable entre cailloux et début de pierriers, entre des cols se mélangeant à des pics, le tout en devant maintenir une vigilance constante pour ne pas se tromper de direction ; Comme à chaque fois dans ces circonstances, c’est la synthèse carte/ GPS / flair qui nous permet peu à peu d’avancer et finalement de trouver l’issue… C’est le milieu d’après-midi, Trois chevaux émergent soudain du brouillard de plus en plus dense, à l’approche d’un pic que nous ne trouvons pas…Image quasi onirique et fantastique qui va finalement signer la fin d’un moment compliqué où nous nous dirigions avec peine, puisque juste après, nous entamons une longue, très longue descente qui va progressivement nous faire repasser sous les nuages.

Commence alors, ce qui va  apparaître à l’horizon régulièrement dans les prochains et derniers jours  comme un jeu de cache-cache : Des vues immenses et splendides sur la plaine méditerranéenne, la bande du littoral et le Capcir…

L’arrivée sur le gîte de Batère et ses anciennes mines de fer, via le GR 10 depuis le col de Cirère sonne comme un atterrissage en douceur à 1500m après notre crapahutage tourmenté et fastidieux sur les hauteurs des crêtes.

Nous profitons de l’aire de bivouac à proximité du gîte et de sa belle pelouse abrité pour un repos mérité. Je ressens immédiatement un mieux physiquement suite à notre chute d’altitude. Occasion aussi de rencontrer d’autres randonneurs, installés au même endroit, après une journée passée dans la solitude complète…

Journée 41

par | Avr 20, 2020

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