Journée 40

MERCREDI 15 AOUT :     

Station de Vall Ter 2000 – Plat Guilhem

                           7 h 30   – 16 h  

 

           Nuit froide !…Mais le menu du jour : Parcours de crêtes – belle lumière matinale – absence de vent – s’annonce alléchant ; Nous allons en effet, traverser longuement une suite de hauts plateaux, dont l’aspect dénudé pourrait rappeler certaines contrées d’Asie Centrale…Le quartz de la roche scintille d’un blanc éclatant au sein de cette immensité désertique et quelques vautours se laissent planer au gré des courants ascendants…Aucune montée significative au programme…  le décor pourrait augurer d’une journée à la tranquillité parfaite ;

…Mais une journée tranquille, ça n’existe pas sur la HRP !  Je ressens assez rapidement de la fatigue et l’impression d’être en hypocalorie ; J’avance au ralenti. Au Roc Colom, vers 9h30, je n’y tiens plus et avale le sandwich saucisson pris à Ull de Ter. Mais les forces ne reviennent guère et je vais, ainsi, cheminer laborieusement, voire au ralenti toute la journée.

Nous arrivons en début d’après- midi au Plat Guilhem : Pas d’eau à l’ abri CAF de l’endroit ! Et les points d’eau semblent taris. Inquiétant, d’autant qu’une nouvelle journée de crêtes, face au massif du Canigou, est prévue pour le lendemain. Des randonneurs nous suggèrent de descendre Sud- Est vers la cabane des Estables à environ ¾ heure- 1 h de marche; Peu emballant d’autant que je me sens dans un état de forme assez précaire et l’ombre est inexistante sur cet immense plateau…Nous prenons la décision de plutôt nous orienter vers le refuge de Marailles, en prenant juste les bouteilles et laissant les sacs à dos, espérant trouver un ruisseau sur le sentier de descente, lorsqu’une randonneuse faisant halte près de nous, sort providentiellement sa carte 1/25000ème et nous indique immédiatement une source à 300 m d’ici, plein ouest ! Nous avons tôt fait de débusquer un petit filet qui coule entre la mousse et les herbes et de remplir avec minutie nos deux bouteilles.

Mission accomplie, il reste à dresser la tente près de l’abri CAF. Me sentant de plus en plus faible, je préfère aller m’étendre dans mon duvet à l’intérieur de refuge où sont installés des sommiers en bois ; Je somnole rapidement et n’en suis réveillé que par un randonneur claironnant « Ola » Je réponds en retour, semi-réveillé. Il me regarde quelques instants puis repart… Je pense alors que ma tête caverneuse l’a fait repartir…

…Je me lève juste de l’endroit pour aller boire la soupe chaude faite par Thierry à la tente, lorsqu’il me parle d’un randonneur hagard, assoiffé et inquiet qui cherchait de l’eau et s’est donc arrêté à la tente…Je comprends alors que j’ai très mal interprété le « ola » qu’il m’adressait !!

Journée 40

par | Avr 20, 2020

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