Journée 38

LUNDI 13 AOUT :     

Barrages des Bouillouses – Vallée d’Eyne

                           8 h 30   – 19 h  

 

           Une journée ordinaire sur la HRP, presque sans histoire…C’est d’ailleurs annoncé par Véron en personne : « Etape de transition, très courte, et très facile, accessible à tous. »

Le réveil est laborieux ; la pluie et l’orage se sont manifesté une partie de la nuit et aussi bien la tente, que nos duvets et matelas, ont pris l’eau…l’eau qui suinte et coule parfois à l’intérieur de la tente. Nous avons dû éponger et essuyer plusieurs fois le tapis de sol.

Bon, un café pour se remettre…Ah, zut ! Plus de dosettes…Heureusement une famille randonnant avec un âne bâté est une famille prévoyante, et nous dépanne en la circonstance.

Très beau parcours entre les lacs, dans une ambiance très canadienne avec des forêts de sapins serrés se déversant dans des eaux limpides d’où peuvent surgir quelques rochers chaotiques, ou bien des touffes d’herbes indomptées…On s’attendrait à voir apparaître un caribou !

Soudain, un panneau de « déviation du GR » nous rend perplexe, en indiquant une variante  de 55 minutes supplémentaires ; Bien nous en a pris, nous n’en tenons pas compte et retrouvons le sentier principal assez rapidement…La foule des sportifs du matin, randonneurs, vacanciers… se densifie à mesure que nous nous rapprochons de Font-Romeu ; L’offre touristique aussi !… Nous pourrions par exemple, essayer un vélo Quad électrique au col del Pam, ou encore tester un parcours cardio-respiratoire …Bon, on reviendra…Peut-être…

Arrivée vers 12 h à Font Romeu : Après « la bière du Carlit »,  on effectue le désormais classique ravitaillement (la liste est toute prête) ; Petite attente pour l’ouverture de la quincaillerie et l’achat du gaz et d’un pas décidé, nous nous orientons plein sud en vue de s’arrêter rapidement manger en bord de chemin…Sauf, que de chemin, il n’y a pas, ou plus, ce qui revient au même (carte 1/50 000  de …1991 !) et que même le GPS cale à nous trouver un itinéraire praticable…nous longeons des prairies d’Est en Ouest, toutes clôturées sans succès. Il est 14h 30, et temps de reprendre des forces : pause repas. Ouverture des sacs et constat par Thierry qu’il manque l’appétissant pain complet « du Carlit » acheté à la boulangerie, prévu pour les quatre prochains jours…Pas trop grave, on en rachètera un au petit village d’Eyne que l’on doit atteindre dans l’après – midi…

Le constat est rapidement fait après le redémarrage : pas d’accès, ni même de sentiers, ou de traces de sentiers visibles au loin ; Nous décidons alors de couper en direct, au plus court, à travers les prairies fauchées ou non et entre les clôtures…Après avoir traversé la ligne du train jaune, nous finissons par nous retrouver beaucoup plus bas, un peu perdu, dans un terrain de moto-cross en construction, entre deux pelleteuses et des hommes qui discutent, cartes en main ! Et là, un homme à qui nous demandons la sortie, nous dit que le sentier qui se dirige vers Eyne est juste en face, après avoir traversé la route !   Notre bonne étoile s’est encore manifestée !

Arrivés à Eyne, un peu fatigué mais confiant, nous cherchons la boulangerie …qui n’existe plus ! Pas plus que l’épicerie ! Par contre, une miellerie, une fromagerie, une ferme de canard gras sont à disposition des touristes aux abords du village… Nous nous rabattons sur le seul café-dépannage de l’endroit (sympathique au demeurant) pour emporter une baguette …et un paquet de pâtes supplémentaire. Au passage, nous avalons avec gourmandise un clafoutis aux myrtilles, ayant bien entamé nos réserves caloriques et énergétiques.

C’est reparti pour la montée dans le vallon d’Eyne, où nous trouvons un emplacement adéquat, près du torrent après une heure de marche… Il est déjà tard …La fin de notre traversée commence à se concrétiser dans nos pensées à j-7 de l’arrivée à Banyuls  et des paroles s’échangent sur les derniers moments d’un vécu qui aura été intense et unique…Soudainement, une averse que nous n’avons pas vu arriver, nous oblige à rentrer précipitamment dans la tente, et à ranger in-extrémis nos affaires étalées un peu partout au dehors !  …je termine d’écrire ces lignes à la frontale.

 Et voilà comment s’est déroulée et vécue cette « étape de transition, très courte et facile, etc etc… », Une journée sans histoire, on vous dit !

Journée 38

par | Avr 20, 2020