Journée 3

MERCREDI 11 AOUT :     

COL de LIZARIETTA – SUD de ELIZONDO

                          9 h – 17 h 45 

…Ciel pur et azuré à notre réveil…Au lointain, plein sud, quelques bancs nuageux emplissent les larges vallons arrondis du Pays Basque attendant l’arrivée du soleil pour en être délogé…En somme, météo sur un nuage !!

Seul un troupeau de mouton (avec leurs clochettes, bien sûr) a furtivement troublé l’épais silence nocturne et accessoirement notre sommeil ; Prenant notre petit déjeuner en contemplant ces espaces ouverts toujours renouvelés, nous restons sur notre interrogation de la soirée : cette coupe droite de quelques mètres de largeur dans l’immense étendue de fougères, coupe bienvenue pour notre périmètre de bivouac, relie-t-elle les bornes frontières ? Ou bien sert-elle de cordon de jonction et d’accès à ce réseau dense d’abris, tours de guet, et palombières que nous ne cessons de suivre dans notre périple ?…La première hypothèse a ceci d’amusant que, dormant sous le même toit (de tente) nous aurions pu, chacun, cette nuit, dormir dans un pays différent…

Autant vous l’annoncer de suite, nous ne croiserons personne (excepté un vttiste) lors de cette longue mais roulante étape de HRP, avant Elizondo ; La progression s’effectue sur des sentiers ou des chemins larges et bien entretenus qui souvent, tiennent plus de la piste forestière (balisage GR 11). Le relief prend des formes douces et vallonnées ; Fougères, thuyas, sous-bois de résineux, de hêtres, de frênes se succèdent entre des prairies et des petites fermes souvent abandonnées comme les restes d’une ancienne vie agricole plus dense autrefois en ces lieux. Ce dont témoignent encore quelques prairies intégralement ceinturées de mur en pierres sèches impeccablement alignées…

Dans ce paysage multipliant les nuances de vert, nous croisons beaucoup de chevaux et de poneys de tailles et de races diverses…

C’est le troisième jour et le sac se fait plus lourd ! Le soleil ne se fait pas prier pour monter sur scène…et la pause de la matinée, près d’un bosquet de résineux et quelques chevaux, dans le calme des espaces désertiques (avec le fond sonore habituel des différentes tonalités de cloches) s’avère la bienvenue. Nous remarquons également dans le paysage, des blockhaus vestiges de l’ancienne ligne défensive franco-allemande de la seconde guerre mondiale (Peut-être, alors, les palombes se sentaient-t-elle moins seule …)

A la pause de midi, entre un vent vif et un soleil brûlant, à 800 m d’altitude, nous prenons acte de la minceur de nos réserves alimentaires : au menu une boîte de salade et une barre de céréale, point barre !

Dans l’après-midi, nous bénéficions encore de quelques vues sur la Rhune complètement dégagée, mais aussi sur l’océan au loin ; Le paysage est très rural : fermes, maisons abandonnées, bovins, châtaigneraies, hêtraies et haies de mûres se succèdent.

Puis c’est l’arrivée sur Elizondo, ville qui parait étendue depuis les hauteurs des collines mais qui sera vite atteinte et vite traversée. Nous trouvons rapidement une superette qui ne pratique pas les horaires espagnols traditionnels (il est 15 h 30) à notre grande joie ; Ravitaillement et bière fraiche dans le petit parc de l’église sont appréciés comme il se doit, tout comme l’eau fraiche de la fontaine. Nous y croisons un randonneur allemand, seul, attendant patiemment que nous ayons rempli nos bouteilles, nous affirmant finir de son côté une traversée des Pyrénées à pied entamée depuis tout juste un mois depuis  la Méditerranée…j’avoue à Thierry un certain scepticisme sur l’exactitude de ses propos…d’autant qu’après trois jours et nos barbes naissantes nous ressemblons déjà plus à des baroudeurs que ce randonneur après un mois !

Nous repartons pour une dernière montée, essentiellement dans les fougères pour retrouver rapidement la quiétude d’une fin d’après -midi  dans ces espaces de pâturages et de vallons où le peu de vie agricole décline au rythme du soleil rejoignant l’horizon…La tranquillité est telle, que nous nous arrêtons à même le chemin pour installer notre bivouac, face à un paysage dégagé et harmonieux où l’empreinte agricole de la fenaison résiste encore à l’envahissement progressif des collines par les fougères et arbustes divers…

Journée 3

par | Avr 14, 2020

Les cartes IGN