Journée 28

VENDREDI 3 AOUT :     

Estany Pudo – Alos d’Isil

                           7 h 30   – 17  h 15 

 

                     Magnifique paysage, d’une grande beauté sauvage, pour ce parcours dans le massif de la Marimanha, totalement oublié des randonneurs, dont le seul tort est de se trouver au nord du massif trop connu des Encantats ; Mais un parcours exigeant, qui se mérite ! Nous sommes dès la première montée confrontés à des choix d’orientation : pas de cairns, une carte 1/50 000 toujours aussi approximative, et un GPS qui indique plusieurs possibilités ! Nous mettons donc aussi notre flair à contribution pour avancer dans ce relief faits de broussailles, de fougères, de massifs de rhododendrons piégeux et de pins à crochets qui cachent parfois des escarpements ou des barres rocheuses… Rien n’est vraiment plat ou stable dans ce fouillis de cailloux, de végétations diverses, de  sentes sinueuses plus ou moins tortueuses et humides…Le regard, concentré, se colle sur le pas suivant…le lourd sac à dos ne fait qu’amplifier ces micro-déséquilibres permanents  et c’est tout le corps sollicité dans son ensemble qui semble devoir être en phase de réadaptation sur le mode HRP !

          …Ça secoue, ça tape, ça dérape (Nos semelles Contagrip perdent leur adhérence sur terrain mouillé) et nous devons faire de nombreux points-orientation. Tranquillité absolue…Le silence en devient majestueux…Un daim apparaît et s’enfuit au détour d’une combe. Thierry casse un bâton dans une montée près d’un petit torrent et répare aussi sec.

          Ce massif pourrait s’apparenter à un mixte visuel entre le Néouvielle avec ses pins à crochets et ses endroits humides, et les montagnes espagnoles plus déchiquetées.

           Nous croisons les premiers randonneurs au refuge d’Airoto, refuge tout simple, non gardé, mais dont l’intérieur agencé par de belles boiseries solliciterait l’envie du HRPiste fatigué.

          Nous n’avons pas fait quelques pas en direction d’Alos d’Isil que de nouveaux problèmes d’orientation se posent encore : Nous partons vers l’est alors qu’il faudrait prendre vers le col plein nord…Nous revenons sur nos pas, mais le lac d’Airoto est longé par un immense pierrier labyrinthique et pentu, peu engageant. Aussi nous décidons de reprendre la direction initiale pour constater que nous avions fait demi-tour juste quelques mètres avant l’intersection ! A notre grande satisfaction, un balisage nous accompagne jusqu’au col del clot de Moredo et, rassuré, nous pensons, ensuite, avaler allègrement les kilomètres jusqu’à Alos. La chaleur arrive progressivement et nous atteignons la piste puis la Borde de Moreno qui doit nous permettre une descente rapide sur le village…Mais arrivé en ce point, des champs d’herbes hautes et une gorge d’une belle entaille sont notre seule perspective !  Conscients qu’il serait trop hasardeux de s’engager avec nos sacs à dos dans cette végétation, nous reprenons la piste …pour « musarder » en plein soleil sur des lacets interminables imaginés pour les 4×4 qui nous redirigent plein sud sur la route goudronnée qui permettra seulement ensuite, d’atteindre Alos d’Isil…Juste un petit détour de 2h !                         

          La fontaine d’eau affichant « no tratada » est plus que bienvenue à l’entrée du village (Una Senora nous rassure bien vite sur la qualité de l’eau) face à une très belle petite église romane et, c’est fourbu, exténué, avec des douleurs aux épaules, que nous nous dirigeons droit vers les bancs de la petite place, à l’ombre des tilleuls, pour une pause réparatrice.

          Contraste saisissant et reflet de l’évolution socio-économique qui s’offre à nous, entre, d’un côté du village, la vue sur un ensemble cubique résidentiel standardisé sur trois étages, aux terrasses toutes fermés et de l’autre, un ensemble de bâtisses pittoresques du 18ème siècle, également sur trois niveaux, décrépies, mais tellement authentiques ou devisent tranquillement sur la terrasse du 2ème étage trois hommes qui paraissent réunir les trois générations d’une même famille…(le 3ème étage est réservé au séchage du linge !).

          A la sortie d’Alos, un petit pré fauché en bord de torrent nous permet avec une grande satisfaction d’arrêter là notre périple du jour. Surprise à la tombée de la nuit, où un renard se glisse furtivement entre les arbres pour venir boire au torrent…

Journée 28

par | Avr 18, 2020

Les cartes IGN