Journée 23

 SAMEDI 22 JUILLET :     

Refuge du Portillon – Plan dels Aigualluts

                           8 h 30  – 18 h 30   

 

                          Malgré le fort vent de la nuit, il n’est plus possible d’attendre. Nous avons utilisé nos deux jokers sous forme de journée de repos et la météo nous annonce une amélioration.

         En partant, le sympathique gardien des lieux nous lance avec ironie  « Bon, alors à ce soir ? ». Nous n’avons rien entendu…

              La montée se fait à nouveau avec un vent supportable et le col se présente bientôt. Dans une synchronisation presque parfaite, le rideau nuageux qui obstruait le col se déchire soudainement pour faire apparaitre une vue aussi grandiose qu’inattendue sur le cirque de Littérole recouvert de son impressionnant névé et sur le lac encore pris dans la glace…Extase ! Vue magnifique, mais nous reprenons aussitôt nos sacs, sans nous attarder, trop heureux de nous engouffrer dans cet immense espace ouvert !

 

 

           La descente sur le long névé, bien aidé par les crampons, se fait sans souci et bientôt nous pouvons savourer en toute tranquillité un spectacle grandiose : une déclinaison de nuances de bleus, gris, blancs et même ocres suivant les jeux de lumières entre le soleil et les passages de nuages : Cette ambiance de haute montagne au rendez-vous me fait également songer à l’Islande et à ses lumières changeantes si particulières…

          Nous avançons sur les névés successifs en se régalant des vues sur les 3000 du luchonnais et des lacs encore enneigés, puis c’est une longue et sportive descente vers la vallée de Remune, presque une course d’orientation dans un dédale rocheux pour repérer les cairns se fondant dans le paysage ; A ce petit jeux, nous voyons alternativement apparaître et disparaître un couple d’Anglais dont lui, pourrait aisément s’inclure dans un album de tintin avec son allure de baroudeur colonial et sa moustache proéminente.

          Le soleil s’installe franchement dans le ciel à mesure que nous perdons de l’altitude et, ainsi, en deux heures nous allons passer d’un environnement de haute montagne à un paysage verdoyant de pins à crochets et de pentes herbeuses fleuries dès que nous aurons rejoint le petit torrent de la vallée.

           Nous faisons un arrêt à l’ibon de Remune pour la traditionnelle halte repas-sieste, avec le retour du plein soleil et de la chaleur, et c’est ensuite la fin de cette interminable descente se terminant par une arrivée en ligne droite à l’hospital de Benasque avec sa cohorte de touristes : parking bondé de voiture, immense hôtel avec sa réception wifi s’imposent à notre regard ! Mais ne soyons pas ironique, car nous en profitons, nous aussi, pour passer quelques messages téléphoniques…

          Le cheminement se poursuit agréablement à travers des prairies et des rangées de sapins, mais ce qui l’est moins est une vive douleur que je ressens de plus en plus présente au niveau de l’extrémité de deux orteils m’obligeant à stopper net quelques minutes pour reprendre ensuite la marche ; Cette douleur va revenir de manière récurrente sur les prochains et derniers jours de marche.

          Nous croisons soudainement de multiples randonneurs et montagnards ; Il est 18 h, Ce sont les retours des  multiples postulant(es) au sommet du l’Aneto et peut-être aussi au massif de la Maladetta qui se dirigent vers la navette qui les ramènera à leur voiture.

          Nous les laissons assez rapidement pour bifurquer en direction du plan dels Agualluts et arriver bientôt sur un immense plat herbeux dans un environnement grandiose, décor de carte postale  avec en premier plan, une très belle cascade et en arrière-plan, une vue magnifique et imprenable sur l’Aneto et le massif de la Maladetta… MAIS nous sommes en Espagne, et un panneau interdisant tout camping ou bivouac se dresse devant nous. Nous traversons donc l’immense et verdoyante pelouse pour aller nous réfugier à l’opposé, à proximité d’un petit tertre planté de sapins, proche du torrent et à l’abri des regards…Et pour plus de précautions, attendons 20 h pour hisser notre tente…Petit clin d’œil d’un hélicoptère qui traverse l’endroit vers 21 h…Au loin, et en vis-à-vis un autre petite tente est apparu dans le même temps…

Journée 23

par | Avr 17, 2020