Journée 22

 JEUDI 20 JUILLET :     

Refuge de Soula – Refuge du Portillon 

                           8 h 15  – 15 h 45   

 

                                 Après une journée de farniente contrainte, nous sommes impatients d’attaquer cet itinéraire de haute montagne que nous ne connaissons ni l’un ni l’autre, mais que nous souhaitions faire depuis longtemps…Et apparemment, la fenêtre météo est bonne ! De légers passages nuageux traversent un ciel plutôt dégagé et les remontées nuageuses de la vallée vont nous suivre à distance durant cette traversée des Gourgs blancs sans jamais nous rejoindre…Timing parfait pour la journée !

           C’est donc une belle montée en lacets vers le lac de Caillauas d’un bleu profond, à laquelle fait suite une autre montée progressive vers le col des Gourgs blancs, montée où se succèdent plusieurs lacs aux formes différentes…L’ambiance haute montagne est perceptible à l’arrivée au col : nous prenons pied dans un univers minéral, mélange de roches fragmentés, déchiquetés par les éléments naturels et de névés plus ou moins larges s’égouttant  au soleil, restes de ce qui fut autrefois le glacier du pic des Gourgs blancs. La suite du parcours en direction de la Tusse de Montarqué et du refuge est magnifique dans un vrai décor de haute montagne ; les 3000 du Luchonnais ( pic du Seil de la Baque, du portillon d’Oô, de Perdiguère…) encadrent un paysage austère, aux contrastes de couleurs, alternant le blanc de la neige, et les tons grisés et parfois ocres de la pierre ; La découverte au dernier  moment, en suivant la ligne de crête vers le refuge, du lac Glacé enchâssé dans une profonde cuvette, est d’une grande beauté ;  Zigzagant entre les rochers et bien aidés par les nombreux cairns nous entamons la descente vers le refuge du Portillon au moment où le plafond nuageux s’épaissit et s’abaisse, puis où finalement les nuages nous rattrapent…Le timing est parfait !

 Une fois n’est pas coutume, nous plantons la tente tout près du refuge, en bordure du lac ; L’espace est chiche ! Le mauvais temps arrive et l’air se rafraîchit nettement, aussi nous allons avec un grand plaisir nous réchauffer dans le refuge et surtout …s’offrir la bière du demi-HRP !

 Excellent accueil par le gardien du refuge, disponible et affable, qui nous propose la possibilité d’utiliser la salle hors sac pour se reposer ou cuisiner.

  

          Dans la nuit se succèdent orage, pluie, vent…et le réveil s’effectue sous un plafond nuageux très bas ; Nous voyons juste le lac mais pas les sommets à quelques mètres. Il n’est pas possible de partir et de s’engager dans cette étape de haute montagne qui commence par la montée au col de Littérole à 2983 m, puis, ensuite, la descente sur un très long névé en neige dure, qui nécessite souvent l’usage des crampons. Nous optons pour un petit déjeuner d’attente dans la salle commune du refuge.

          La météo exécrable de la nuit à retenu beaucoup de monde au nid douillet du refuge dont un sympathique groupe de jeunes montagnards qui ont entrepris le défi de faire tous les 3000 pyrénéens en 3 mois avec l’aide d’une Bourse de la société Expé ; Ils partagent avec nous cette pièce et sont animés d’une grande détermination cependant ils ne partiront pas, eux non plus, ce matin.

          La matinée s’étire entre lectures, jeux de cartes et boissons chaudes…

Malgré un plafond nuageux toujours menaçant, mais avec l’arrêt de la pluie, nous tentons en début d’après-midi, la montée au col inférieur de Littérole misant sur une éclaircie…Le vent souffle toujours mais nous atteignons rapidement le col où nous sommes dans un brouillard complet ; Nous ne voyons pas à 10 m versant espagnol ; Aucune visibilité !  A défaut nous testons les crampons légers que nous avons apportés, sur le névé du col puis faisons demi-tour en direction du refuge où nous profiterons le soir de l’excellent sauté de dinde, plat du jour au refuge…           

Journée 22

par | Avr 17, 2020