Journée 20

LUNDI 17 JUILLET :     

Rio Barossa – Col d’Ordiceto

                           8 h  – 17 h   

 

                ….Après cette nuit agitée, je doute fortement de la possibilité de continuer ; Nous décidons de faire le point au bourg de Parzàn, lieu de notre prochain ravitaillement en espérant y trouver une pharmacie.

          Nous suivons le Rio Barrosa à travers la forêt de mélèzes sur un large chemin qui se transforme en piste forestière ; A l’occasion, Thierry me montre les accès souvent caché vers des départs de descente de canyon dans ce torrent. Quelques kilomètres de bitume et nous arrivons à un des deux « supermercato » en bordure de la nationale, dans le prolongement du tunnel de Bielsa, à l’entrée du village. C’est juste l’heure de l’ouverture (à l’espagnole !) et le ravitaillement est vite fait.

     ….Mais problème, pas de pharmacie …et, plus de Dafalgan !  Sachant que nous n’avons aucune possibilité d’en trouver une avant l’arrivée au port de la Bonaigua et pour ne pas compromettre la suite de notre traversée, je décide d’aller en stop à Bielsa ; Thierry m’attendra au magasin (nous n’avons qu’un portable pour deux) …en espérant ne pas perdre notre journée !

          Je sollicite rapidement une voiture à la station essence proche ; C’est un Allemand vivant en France depuis une trentaine d’année dans la région de Sète et qui traverse régulièrement l’Espagne pour se rendre sur la côte en Andalousie ; Physionomie de routard au visage buriné par les voyages et le soleil, il accepte volontiers de me prendre considérant ma situation avec beaucoup d’empathie en lui expliquant vouloir aller à Bielsa pour trouver une pharmacie…

  • « Mais nous sommes ici à Bielsa, je connais bien l’endroit, j’y passe régulièrement c’est juste à la sortie du tunnel » me répond-il
  • Je rectifie : « non, ici c’est Parzàn, je viens d’y effectuer des courses »
  • « Vous êtes sûr ?  c’est vraiment curieux, pour moi nous sommes à Bielsa, je m’y suis déjà arrêté prendre de l’essence… »

Peu convaincu, il reprend la route et me parle sans discontinuer de sa vie, de ses voyages…Pris dans la discussion, je m’aperçois après un moment que nous avons dépassé Bielsa depuis déjà un moment et j’en informe avec inquiétude mon chauffeur. Le quiproquo reprend :

  • « Ah, vous voyez, nous étions bien à Bielsa ; Vous étiez très affirmatif tout à l’heure, mais j’avais bien raison, c’était Bielsa ! Maintenant, je vais vous laisser à Ainsà. »

           No comment !…Et c’est ainsi que je fis 50km en voiture pour aller acheter du dafalgan. Heureusement, le voyage retour  fût moins compliqué et à midi je retrouvais Thierry à l’endroit où je l’avais quitté.

          Nous repartons immédiatement en prenant une large piste forestière pour véhicule tout-terrain qui monte régulièrement jusqu’au col du Passo de los caballos. Pour la première fois depuis notre départ, le ciel se couvre progressivement de nuages orageux et nous avons quelques gouttes de pluie lors de notre pause repas. Pour ma part, c’est une pause rapide : ne pouvant manger du solide, le repas est vite terminé ! Je continue à prendre du dafalgan toutes les deux heures pour atténuer la douleur…

           Malgré les nuages et un ciel voilé, le thermomètre augmente et cette montée ne présente pas beaucoup d’intérêt du point de vue du paysage assez uniforme ; Nous longeons un peu en hauteur le barranco de Urdizeto.

          Au col, nous descendons de quelques mètres pour la recherche rituelle de notre emplacement quotidien, qui sera juste un peu en dessous de la cabane d’Ourdissetou ; Cette fois ce sont les fourmis qui ont décidé de troubler notre quiétude de HRPistes !

          Au lointain, se détache l’imposante chaîne du massif des Posets, sous un ciel qui se charge progressivement de nuages, comme le signe annonciateur d’un changement de météo…

Après le repas, nous tentons de remonter jeter un œil au lac d’Ourdissetou quelques mètres plus haut que le col mais l’air frais vif et, pour moi, la douleur dentaire, nous fait renoncer assez vite à ce projet pour revenir à la tente nous glisser rapidement dans la chaleur de nos duvets.               

Journée 20

par | Avr 17, 2020