Journée 2

 

 MARDI 9 AOUT :  COl des POIRIERS – COL DE LIZARRIETA 

 8 h – 18 h

 

 

          …Et les clochettes se sont tues…Est-ce en raison de la nuit ?…ou bien sous  l’effet d’une petite pluie passagère vers trois heures ?…Réveil en douceur, puis, après avoir mis la tête et les deux pieds hors de la tente, scrutant le ciel, Thierry livre un verdict optimiste «  les nuages sont hauts ! » effectivement, les nuages semblent assez vite céder le terrain à une belle éclaircie générale ; Seul, se dégageant de la masse du relief environnant, le sommet de la Rhune entouré d’un coton nuageux semble vouloir conserver la pudeur de ne pas s’offrir complètement au regard impatient du HRPiste empressé de rejoindre ses flancs ; Furtivement, la grande antenne rouge du sommet fait des apparitions à travers les trouées nuageuses. Le temps frais nous permet d’attaquer avec ardeur cette montée progressive ; Premières rencontres…pêle-mêle, des VTTistes embarqués dans un tour du Pays Basque bien fléché, LUI !, un homme affairé à la cueillette de fleurs de camomille, des randonneurs frais sortis  de leur voiture…   Mais la surprise sera à l’arrivée au col d’Ibardin, où après avoir acheté quelques tomates, pêches et une bouteille d’eau à une petite venta qui jouxte l’arrivée du sentier nous découvrons  une suite de magasins divers débordant de produits de consommation sur lesquels semblent se jeter les automobilistes-vacanciers en mal d’achat ; Un mini Pas de la Case en quelque sorte ;  Retour brutal du consumérisme dans l’espace du HRPiste qui nous fait rapidement accélérer le pas pour retrouver une quiétude que nous regrettions déjà, dès ce début du deuxième jour.

          Le GPS fait merveille et nous permet à de nombreuses reprises d’éviter de se lancer sur des pistes ou dans des directions hasardeuses avec une multiplication des allers-retours vite épuisants moralement ; Nous ne comptons plus les marques de peinture défraîchies, repeintes, absentes…

           Nous progressons d’un pas régulier, marquant volontairement de petites pauses pour garder toutes nos forces pour la quinzaine… Le sommet reste toujours caché dans les nuages depuis la veille. C’est donc dans les gouttelettes d’un brouillard nuageux que nous rejoignons la grande plate forme d’orientation sommitale ; Pique-nique rapide à l’abri du vent et miracle ! Au moment précis où nous repartons pour la descente, le voile nuageux se déchire quelques instants et laisse apparaitre la vue immense et magnifique, depuis la côte espagnole jusqu’aux lointaines plages landaises…Tout le pays Basque s’étend devant nous. Remontée au pas de course pour la photo, mais cependant, pas assez rapidement pour laisser entrer le petit train de la Rhune dans l’objectif !

                La descente dans un paysage plus rocailleux et sec, à travers fougères, bruyères et haies de mûres nous permet de retrouver rapidement la chaleur sitôt quitté l’enveloppe nuageuse du sommet. Quelques vautours nichent dans les falaises du massif ; Nous côtoyons en alternance des bornes frontières et des tours de guet pour les chasseurs de palombes véritable mur de l’Atlantique infranchissable pour ces pauvres volatiles, criblant le moindre col élevé du Pays basque et que nous ne cesserons d’apercevoir des jours durant…                                                

                                                                                

        Laissant derrière nous, quelques vues remarquables sur le versant sud de la Rhune nous arrivons au col de Lizuniaga. Pas de venta mais un petit hôtel restaurant et surtout un mince filet d’eau à une petite source qui me laisse le temps de faire la conversation avec un vttiste normando-toulousain qui entreprend de traverser l’Espagne jusqu’à Séville pour rejoindre femme et enfants…

           A cet endroit, je vous prie de retenir votre attention : peu après le col, nous allons affronter le seul temps pluvieux de la quinzaine, soit une vingtaine de minutes passés à l’abri de châtaigniers et de platanes, le temps de sortir (et ranger tout aussi rapidement ensuite) notre veste gore-tex et la housse du sac à dos !…le test pluie sur les vêtements tourne court !

          Après un passage dans une belle forêt ombragée, nous arrivons au col de Lizarrieta, antithèse complète du col d’Ibardin : point de venta, deux ou trois maisons fermées et défraîchies dans un environnement désert ; Ancien point frontalier au passage d’une route, l’attrait du lieu a disparu à la suite de la fermeture de la douane et de la disparition d’une présence humaine…La journée de marche nous parait bien remplie et dès lors, de mieux en mieux organisé, nous repartons pour quelques instants, droit devant nous, décidé à réunir rapidement les trois critères nécessaires à un bivouac réussi : 1) un  endroit tranquille 2) une zone plate  3) une belle vue dégagée…ce qui est rapidement atteint 400 mètres après le col, au sommet d’un petit monticule, près d’un abris…de chasseurs de palombes, évidemment !

          Sans nous vanter, cet objectif sera presque tenu sans fautes et sans difficultés tout au long de ce premier épisode…    

Journée 2

par | Avr 22, 2020

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