Journée 17

 Vendredi 14 juillet :     

Barranco d’Ossoue – Refuge des Espuguettes

                           7 h 30  – 17 h 15   

      

        Nous continuons à être chanceux avec la météo…Nous nous réveillons sous un ciel splendide et dégagé ; Mais dans la direction du jour, une importante couverture nuageuse recouvre toute la vallée d’Ossoue ; Celle- ci va se dégager au fur et à mesure de notre descente vers Gavarnie comme un rideau se déchirant devant notre pas…l’impression visuelle est magique d’autant que l’air reste d’une grande pureté sur fond d’écran bleu azur. Nous croisons rapidement des petits groupes de deux ou trois personnes, empressés d’atteindre la base du glacier d’Ossoue pour se lancer à l’assaut du Vignemale. C’est l’une des journées où nous croiserons le plus de randonneurs aimantés par le site de Gavarnie…Les rythmes de marche et les tenues diffèrent…

           Après le barrage d’Ossoue, nous suivons un sentier en balcon, très agréable, traversant une succession de prairies fleuries aux douces formes vallonnées où paissent tranquillement, ça et là, moutons, vaches et chevaux… Le massif du Vignemale et son glacier restent longtemps visibles en arrière de nos pas. Nous marchons régulièrement sans accentuer les pauses car nous sommes le 14 juillet et c’est le premier ravitaillement prévu depuis le départ ; Aussi nous ne voudrions pas trouver porte close devant les magasins et, avons donc pour objectif d’être à Gavarnie autour de midi. La descente finale plongeante sur le village nous amène presque providentiellement devant la superette Vival qui dispose de tout ce qui nous est nécessaire en vivres sur un rayon de trois mètres carré, jusqu’au prochain ravitaillement de Parzàn. Je n’ai plus qu’à traverser la rue pour trouver un tapis de sol de secours, mon matelas autogonflant étant mal en point avec la membrane décollée sous la pression de l’air. Tout cela effectué presque en un temps record !

Nous avons donc tout le loisir de faire une halte tranquille dans Gavarnie, à l’ombre du torrent en regardant déambuler randonneurs mais aussi bien touristes asiatiques et autres curieux du site. C’est le moment, aussi, de passer quelques brefs messages téléphoniques profitant du réseau que nous ne sommes pas sûr de retrouver par la suite.

                         Les sacs à dos bien remplis, et sous un chaud soleil de début d’après–midi, nous entamons la montée dans le bois de Pailla en direction du refuge des Espuguettes. Le soleil et au zénith et l’ombre est chiche, heureusement un coin bucolique et ombragé peuplé de sapins posés sur une herbe mousseuse vert tendre au niveau de la cabane de Pailla, est une invitation au repos à laquelle nous ne pouvons résister ! Thierry repère une belle vasque d’eau émeraude creusée par le flux du torrent et retrouve ses sensations de canyonniste en s’immergeant dedans. L’endroit respire l’harmonie et nous goûtons le plaisir de cette traversée des Pyrénées qui offre autant de moments différents.

Il nous reste à avaler la dernière montée avec, à vue, l’objectif du refuge, entre des colonies de lys bleu au milieu de pâturages occupés par des troupeaux de moutons et de vaches. La recherche d’un endroit adéquat proche du refuge, plat et sans bouses, n’est pas sans nous rappeler le Pays Basque mais l’espace, immense, ne nous laisse pas démuni.

 Le décor est grandiose, magnifique, notamment sous les feux du soleil couchant qui fait rougir l’horizon : Au plus près la paroi des Astazous, tel un livre ouvert, puis tous les pics du cirque de Gavarnie et enfin un peu plus éloigné, le Vignemale avec le glacier d’Ossoue. Et, à notre hauteur, exactement à nos pieds, une mer de nuages parfaite, sans aucune aspérité, vient rehausser et mettre en relief, s’il le fallait, la beauté majestueuse des lieux…Seule la fraîcheur de la soirée et la nuit tombante nous décide à rentrer dans la tente, pour quitter un spectacle visuel auquel on ne se lasse pas.    

           

Journée 17

par | Avr 16, 2020

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