Journée 15

 MERCREDI 12 JUILLET :     

Lac de Pallas – Refuge Wallon

                           7 h 15  – 16 h 30   

 

                      …Pas si simple de renouer avec l’atmosphère particulière des bivouacs en montagne ! Des petites bourrasques de vent faisaient régulièrement claquer notre toile (difficilement tendue) nous réveillant périodiquement ; De plus, Thierry ayant oublié son masque de nuit a dû solutionner le problème en utilisant une chaussette posée sur son visage en guise d’écran…

Hésitations également, pour sortir de cette tente inhabitable et mettre rapidement des vêtements chauds !  …Hésitations qui se répèteront de nombreuses fois pendant la quinzaine au vu de notre condition de « campeurs de l’extrême ». Le petit déjeuner est vite avalé et la tente rapidement plié ; En ce domaine nous retrouvons rapidement l’efficacité du tempo et des gestes construite progressivement par l’expérience de l’année dernière. Et nous savons aussi qu’une longue journée nous attend…

          La montée rapide vers le col du Palas est l’occasion de franchir notre premier névé sous un ciel bleu azur. Le soleil irise d’une belle lumière chaude la pointe de l’Ossau tandis que la lune joue aussi sa partition en indiquant la pointe du pic d’Arriel. Au col, nous échangeons quelques mots avec deux jeunes et sympathiques randonneurs qui ont fait certaines portions du HRP et, pour aujourd‘hui, se dirigent vers le port du Lavedan ; Le sentier, vue du col, nous paraît assez raide.

          Nous nous laissons entraîner dans une descente assez raide, zigzagant dans un pierrier aux multiples cairns pour nous retrouver bientôt en impasse, longeant le lac d’Arriel, face à une petite falaise tombant à pic dans les eaux du lac. Remonter dans le pierrier pour passer plus haut nous semble incertain, contourner le lac par l’autre rive, trop long ; Aussi nous décidons d’enlever chaussures et pantalon et de tenter la voie directe ! L’eau est un peu fraîche mais ça passe sans problème et nous poursuivons notre chemin en longeant les lacs successifs d’Arriel.

 

                                   

                           Pins à crochets à l’aspect noueux torturés par le vent et le gel, mélèzes émergeant de paysages rocailleux, se succèdent dans un paysage d’une très belle luminosité, contrastant avec les reflets bleutés et argentés des lacs, torrents et petites cascades miroitant et bruissant à proximité de nos pas de randonneurs…Nous sommes passés sur le versant espagnol des Pyrénées et l’air nous parait d’une grande pureté. Une longue ligne droite d’un sentier accolé à la partie sud du massif Frondella-Balaïtous nous mène à l’immense lac de barrage de Respumoso que nous voyons de très loin…

Petite pause pour le plein d’eau et la barre de céréales et nous voilà reparti pour traverser de vastes prairies verdoyantes et humides en direction de l’ibon de campo plano. Comme souvent, nous sommes seuls, seulement observés par quelques marmottes qui se dorent la pilule au soleil. Un mur de barrage inachevé retient notre attention : le projet semble avoir été abandonné depuis très longtemps, tant mieux !

          L’heure avance…Suit une longue remontée, progressive du « barranco » de Campoplano, d’autant plus longue que nous avons un sérieux creux à l’estomac et que le soleil commence à chauffer. Nous nous arrêtons finalement près du torrent, plaqué contre un rocher qui nous gratifie d’une ombre maigrelette, stoppé net par la faim et la fatigue, un peu en dessous des lacs de la Fâche.

                     Quelques névés précèdent l’arrivée aux lacs ; Sur l’un d’entre eux nous sommes surpris de voir un groupe de jeunes anglais avec des tenues peu adaptées s’essayer dans une traversée « ludique » en utilisant une pierre en guise de piolet à l’endroit le plus haut et le plus raide du névé. Visiblement, ils ne prennent absolument pas conscience du risque pris et nous sommes obligés d’élever la voix à plusieurs reprises pour leur signifier le danger et la nécessité d’emprunter le tracé sur la neige, ce qu’ils finissent par faire sans doute à contrecœur et sans comprendre notre irritation !

Longue descente, un peu monotone où nous retrouvons un paysage de pâturages, en direction du refuge wallon où nous n’avons que l’embarras du choix pour l’emplacement de notre bivouac sur un velouté verdoyant, près du torrent, à quelques mètres du refuge…Et place aux joies de la toilette et de notre première lessive à l’abri des regards dans le petit cours d’eau. Nous décidons également de prendre le repas à « la cantine » du refuge pour conserver une marge de vivres si nécessaire avant notre premier ravitaillement prévu à Gavarnie dans deux jours. Cette soirée ne nous laissera pas un grand souvenir, sinon celui d’une atmosphère bruyante dans une salle de repas très défraîchie avec des portions de repas un peu chiches (Peut-être étions nous très affamé !). Mais ce soir nous dormirons sur un plat moelleux, bercé par la mélopée régulière du torrent…

 

Journée 15

par | Avr 16, 2020

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