Journée 1

 

 LUNDI 8 AOUT :  HENDAYE  plage – COl des POIRIERS 

 15 h – 18 h 30

 

 

         Rue de Biaturenia, Hendaye, lundi 8 août 2016, 14h15…Cette petite rue tranquille, bordée de maisons basques typiques, à quelques mètres du port de plaisance et des plages, est le point d’arrêt de nos véhicules, et donc le point de départ de notre petite odyssée. Nous sommes prêts dans nos têtes et dans nos chaussures de randos…une dernière pesée des sacs sur la balance est improvisée à même le trottoir et livre son verdict salvateur : 14 kg par personne, eau et nourriture comprises !…presque inespéré ! ; Sangles réglées et resserrées, Attaches clipsées nous sommes prêts à entrer sur le ring majestueux du théâtre Pyrénéen ;  L’atmosphère est légère, le ciel bleu, à peine voilé par quelques nuages. Le matin même, ayant une dernière fois consulté les tendances météo pour la quinzaine, j’avais peine à croire ce que j’avais devant les yeux : un défilé ininterrompu de soleils éclatants si bien que, suspicieux d’une forme de bug informatique ou peut-être, encore, leurré par une mise à jour paresseuse du logiciel, en vacances lui aussi, je restais assez sibyllin en bavardant avec Thierry, du genre « tu sais, ça à l’air de se présenter pas trop mal  pour les prochains jours, mais je n’ai pas vraiment une info précise pour les 15 jours…je pense qu’on devrait avoir un peu de pluie demain, mais après, c’est fini… ».    

                                                         

            Nos premières foulées nous font rejoindre la plage, plein ouest, c’est-à-dire exactement à l’opposé de la direction à suivre ; Mais nous tenons à immortaliser par une photo le point de départ de la HRP sur la plage, départ identique à celui du GR 10 jusqu’à Biriatou. Lourdement chargés, nos casquettes bien calées sur nos têtes nous remontons à contre-courant le flot de promeneurs-plagistes en maillot de bain, déambulant sur les trottoirs. Cette première mise en jambe nous demande trois bons quart-d’heure ; une dernière photo à côté du panneau inaugurant le départ du GR 10 et ça y est enfin, c’est le vrai départ ! Nous sommes étonnés de sortir aussi rapidement de la ville après quelques minutes…une montée un peu plus raide et déjà des prés, quelques vergers et des bois. Nous surplombons rapidement la ville…déjà le calme et ces tons de vert envahissant notre champ visuel, mais une petite descente vient brutalement nous jeter sur le ruban asphalté support d’une procession ininterrompue de véhicules bruyants qui viennent frôler nos sacs à dos : nous coupons la R.N.10. Très vite nous replongeons dans les sous-bois, passons ensuite sous le pont de l’autoroute, remontons à nouveau et bientôt apparait, logé dans le creux de collines aux formes douces, le premier village de notre itinéraire : Biriatou. Nous marchons depuis 2 heures…la chaleur, un peu lourde,  commence à se faire sentir…la déshydratation aussi…Thierry, en particulier qui vient de passer la semaine précédente dans les canyons espagnols ensoleillés, n’y tient plus ! Il fonce sur le premier villageois rencontré qui nous offre volontiers d’aller remplir nos bouteilles à son robinet de jardin. Puis nous remontons vers la place de l’église, en traversant un terrain de Pelote basque occupé par de jeunes gens lancé dans une partie acharné de pala, dédaignant à peine jeter un regard sur ces randonneurs qui doivent quotidiennement piétiner leur symbole de « basquitude »…

              Une brève montée plus tard, et déjà nous pouvons contempler les premières vues sur la baie d’Hendaye, la côte espagnole  et bientôt St Jean de Luz…Mais, aussi, déjà, entamer nos premières réflexions sur le sentier à suivre : fin du G.R. 10, début des balisages hétéroclites aux couleurs variés ; Nous touchons rapidement du doigt, pardon du pied les limites du topo au 1 :50 000, notamment quand plusieurs intersections se situent dans un périmètre restreint, et même avec des repères tel que  les pylônes EDF moyenne tension,  nous devons appeler le GPS à la rescousse !

            Les sentes, dans les fougères parfois piquantes et entremêlées à la bruyère, deviennent plus escarpées ! Heureusement, le terrain est sec…Nous nous retournons régulièrement pour voir peu à peu disparaître l’océan et le trait de côte. Les mamelons montagneux arrondis se succèdent et nous arrivons à un petit col nous procurant un sentiment de dépaysement et de douce harmonie du paysage ; nous avons, à cet instant, l’impression de basculer dans la dimension des espaces silencieux, surprenants et inattendus de la H.R.P. La montagne est à nous ! Il n’en faut pas plus pour poser nos sacs et décider de notre premier bivouac, sous un petit bois de résineux, et à proximité d’une petite source repérée avec l’aide du GPS.

           ….Parfait !…Quoique !… paisiblement installé sur un tronc d’arbre et savourant le repos d’après la marche , je perçois alors, des tintements intermittents de clochettes : ce sont deux chevaux proches de la tente qui paissent tranquillement dans les fougères et que nous n’avions pas remarqué dans l’enthousiasme du montage de notre campement …un souvenir, peu agréable, me revient alors en mémoire : celui d’avoir partagé une nuit de bivouac avec des ruminants bovins sonorisés peu affectés par la pénombre nocturne….Affaire à suivre…

          Ce que l’on ne soupçonne pas, non plus, Thierry et moi à cet instant, c’est qu’un concert quasi ininterrompu de cloches, clochettes, sonnailles nous accompagnera régulièrement pendant cette quinzaine de jours !

Journée 1

par | Avr 22, 2020

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